Le risque pour la Blockchain : l’ordinateur quantique

By 28 novembre 2018News

Le potentiel ennemi des amoureux de la blockchain pourrait être l’ordinateur quantique, bientôt plus qu’un mythe…

Vers l’infini…

Si l’ordinateur est aujourd’hui connu de tous, utilisé par tous, partout, tout le temps, mais différemment, il a une autre dénomination moins utilisée : le calculateur.

Quand un ordinateur, comme celui utilisé pour rédiger cet article, va traiter des données en bits. Les bits encodent des informations sous un format binaire : 0 ou 1…

Un ordinateur quantique va traiter des données en qubits qui peuvent être 0 et 1 en même temps grâce à la superposition quantique.

Un ordinateur ou calculateur quantique sera donc à même de traiter des informations et de faire des calculs à une vitesse telle que nos ordinateurs classiques seront dépassés…

Un exemple : face à un coffre numérique sécurisé par code, l’ordinateur classique testera une à une toutes les combinaisons possibles pour déverrouiller l’accès ; alors que l’ordinateur quantique essayera toutes les combinaisons en même temps pour trouver la clé.

Schéma de résolution d’un problème (labyrinthe) ordinateur classique vs ordinateur quantique

Le risque pour la blockchain

D’un point de vue du développement des industries de l’énergie, du transport, de la santé, ou encore du web, l’implication des ordinateurs quantiques est une révolution qui pourrait bien résoudre les grands maux de l’humanité.

Le revers de la médaille, c’est qu’ils représentent aussi un risque potentiel pour la Blockchain.

La technologie blockchain (expliquée dans Café Crypto) a été créée et sécurisée à partir d’ordinateurs classiques grâce à leur mise en réseau. Son fonctionnement repose sur sa capacité à coder des clés cryptographiques et à communiquer avec l’ensemble des utilisateurs du réseau.

 

Pour qu’un individu parvienne à falsifier un élément de la chaîne de bloc, il aura besoin d’une grande puissance de calcul et donc d’un ordinateur classique survitaminé. Cette ressource, aujourd’hui introuvable, nécessiterait un piratage majoritaire des ordinateurs actifs sur la blockchain sans que leurs propriétaires ne s’en rendent compte…

S’il n’est pour l’instant pas imaginable de pouvoir acheter un ordinateur quantique dans une grande surface aussi simplement qu’un ordinateur classique, songer qu’un hacker pourrait avoir accès à un ordinateur quantique opérationnel à de quoi inquiéter.

Laissé entre de mauvaises mains, le décryptage rapide de clés numériques serait une formalité pour l’ordinateur quantique. Cette possibilité donnerait aux malfaiteurs le loisir d’usurper l’identité d’un utilisateur du réseau pour s’approprier ses crypto-actifs.

Les recherches en cours

«Comme le matériel informatique quantique actuel n’est pas mature, les algorithmes qui pourraient menacer la cryptographie à court terme ne sont pas mûrs, mais progressent rapidement.», a déclaré Nick Farina, PDG d’EeroQ Quantum Hardware, startup du secteur de l’informatique quantique.

Les problématiques pour rendre utilisables les ordinateurs quantiques sont nombreuses, mais les recherches progresses et les calculateurs quantiques pourraient bien faire leurs premiers galops d’essai d’ici 10 à 20 ans.

Nombreux sont les chercheurs à suggérer l’intégration de cryptographie quantique dans la Blockchain. Néanmoins le Technology Review rapporte que certains comme Del Rajan et Matt Visser de l’Université de Wellington en Nouvelle-Zelande affirment que c’est l’ensemble de la blockchain qu’il faut adapter au phénomène quantique.

Leur proposition repose sur de l’enchevêtrement des données : en reliant 2 particules quantiques (ici des blocs dans la chaîne) la sécurité de chacune est accrue grâce à son lien avec sa semblable inscrite dans le temps. Dans ce cas, une tentative de modification de bloc briserait immédiatement le lien avec le bloc précédent exposant de manière assez évidant la faille de sécurité en plus de détruire le bloc ciblé par le pirate.

«Cette blockchain quantique décentralisée peut être considérée comme une machine temporelle en réseau quantique {…} L’attaquant ne peut même pas tenter d’accéder aux particules précédentes car elles n’existent plus. L’enchevêtrement dans le temps offre une sécurité bien supérieure à l’enchevêtrement dans l’espace.» Déclarent Rajan et Visser.


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Nelson Bonil

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